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7 juin 2008

"I" comme Icare, de Henri Verneuil (1979)

Lors de son enquête pour retrouver l’assassin du président d’un pays imaginaire, le procureur Volney (Yves Montand) suspecte un individu qui a participé à un test dans un laboratoire du département de psychologie de l’Université de Layé. Volney rencontre le professeur qui mène le test.

L’expérience extraite du film de Verneuil repose sur les recherches effectuées par Stanley Milgram, docteur en psychologie sociale de l’Université de Harvard et professeur à l’Université de Yale (Layé, anagramme de Yale). Milgram relate ses recherches dans un ouvrage Soumission à l’autorité, paru aux Editions Calmann-Lévy, Collection «Liberté de l’esprit», Paris, 1974.

D’une enquête apparemment banale sur l’apprentissage et la mémoire, Milgram a fait une fantastique série d’expériences, où des hommes et des femmes recevaient l’ordre d’infliger à une innocente victime des chocs électriques de plus en plus violents.

Combien d’entre eux allaient faire taire leur conscience ? Combien d’entre eux allaient, en un mot, obéir ? Et jusqu’où ?

Les résultats jetèrent à bas le rassurant édifice des prévisions de toutes origines, notamment celles des psychiatres, et firent naître une controverse passionnée.

Car c’est l’un des dilemmes les plus importants de notre époque qui se trouve à la base de ces travaux : où finit la soumission à l’autorité, et où commence la responsabilité de l’individu ?


I comme Icare, 1
envoyé par arcobaleni


I comme Icare, 2
envoyé par arcobaleni

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Commentaires
M
De la nécessité de désobéir... y compris aux révolutionnaires de tout poil ! :-))<br /> <br /> (Nota : ne peux-tu pas éviter les liens écrits en rouge sur fond gris ? Ca fait exploser les mirettes !!!).
C
vérification faite c'est en mai 2007 et non 2008 que j'avais chroniqué "Très bien merci". Le temps passe...
C
Lorsque j'avais vu "Très bien merci" d'Emmanuelle Cau, je n'avais pu m'empêcher en mai dernier de le comparer dans ma chronique à I comme Icare.<br /> <br /> Cette progression par petites touches dans l'horreur est également très bien décrite par Jérôme Leroy dans une des nouvelles de son recueil "Comme un fauteuil voltaire dans une bibliothèque en ruine" :<br /> « - Mais vois-tu, il y a trente ans, quand j'étais petit garçon, si l'on m'avait dit que j'allais vivre dans un monde où l'on risque sa peau en mangeant, en se baignant, en faisant l'amour, un monde où il faut accepter de porter des masques certains jours, où la fête est devenue une obligation, un monde où l'on bombarde ses propres banlieues, où l'eau manque, où l'on ne peut plus jamais être seul sans avoir l'air suspect de maladie mentale, où vouloir faire un enfant à une femme en entrant en elle est devenu obscène, alors, tu vois, j'aurais dit à ce type que j'aimais bien la science-fiction, mais que, là, il y allait tout de même un peu fort. Qu'il n'était pas crédible... On supporte tout ça parce que ce n'est pas arrivé d'un seul coup, mais à doses homéopathiques, mois après mois, année après année. En fait, la catastrophe est lente, Agnès, terriblement lente. C'est une fin du monde au ralenti. Tu comprends ?<br /> - Je crois que oui. Hélas, je crois que oui. »
L
"Se révolter c'est courir à sa perte, car la rvolte si elle se réalise en groupe, retrouve aussitôt une échelle hiérarchique de soumission à l'intérieur du groupe, et, la révolte seule aboutit rapidement à la soumission du révolté...Il ne reste que la fuite" (Eloge de la fuite, Henri Laborit, 1976)
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