Le Corbeau et le Renard, ou Tous à Versailles le 4 février !
Les députés voteront aujourd'hui la révision de la Constitution, afin de pouvoir ratifier le Traité de Lisbonne. Il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus. Mais aujourd'hui, c'est mercredi.
Par conséquent, je vous renvoie à des blogs plus sérieux, tenus par des gens qui n'ont (peut-être) pas à faire apprendre Le Corbeau et le Renard, et à expliquer les mots alléché, ramage, et flatteur à un enfant de huit ans. (Je vous rappelle quand même au passage qu'une grande manifestation aura lieu à Versailles, le 4 février. Le lieu et l'heure restant à déterminer, tenez-vous informés !)
Le Corbeau et le Renard
Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. "
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. "
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.