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30 décembre 2007

Quelle horreur est-il, au pays des Droits de l'Homme (Blanc) ?

"C'est à un redressement intellectuel et moral que d'abord, je vous convie."

Philippe Pétain, le 25 juin 1940 (Source)


Je m'excuse de vous demander pardon, mais il serait peut-être temps de s'inquiéter vraiment, là.

Pendant qu'on digère le foie gras de Noël et qu'on s'apprête à déguster l'oie farcie du Nouvel An ("on", c'est les nantis, dont je fais partie, ceux qui peuvent réveillonner au chaud. Pas tous des winners, certes, mais bon, mieux lotis tout de même que ceux qui vivent, dorment et meurent dans la rue).

Pendant qu'on se laisse balader de Mickeyland à Louxor, subjugués comme des octogénaires esseulés par les Feux de l'Amour et des rêves de Rotary Club.

Pendant ce temps perdu, un décret paraît au Journal Officiel. Le décret n° 2007-1890 du 26 décembre, portant sur la création d'un traitement automatisé de données à caractère personnel relatives aux étrangers faisant l'objet d'une mesure d'éloignement et modifiant la partie règlementaire du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile. Autant dire (c'est plus clair) : un décret qui crée un fichier de sans papiers.

Ce fichier regroupera six types de données :

  • les données relatives à l'étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement
  • les données relatives à la mesure d'éloignement
  • les données relatives aux procédures juridictionnelles mises en oeuvre dans le cadre de l'éloignement
  • les données relatives aux étrangers faisant l'objet d'une mesure d'éloignement alors qu'ils sont détenus
  • les données relatives à la rétention administrative
  • les données relatives à la gestion administrative et opérationnelle de l'éloignement

Données relatives à l'étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement (c'est juste pour vous donner une idée ; le reste, vous pourrez le lire en cliquant sur le lien. Je vous le remets ici, tiens) :

  1. Nom et prénoms
  2. Sexe
  3. Numéro national d’identification mentionné au 2o de l’article D. 611-2
  4. Date et lieu de naissance
  5. Nationalité
  6. Nom et prénoms du père et de la mère
  7. Nom, prénoms et date de naissance des enfants
  8. Photographie d'identité
  9. Alias éventuels
  10. Type et numéro, date et lieu de délivrance et durée de validité du document d’identité
  11. Langues parlées
  12. Nécessité d’une surveillance particulière au regard de l’ordre public

A ceux qui s'aviseraient de faire genre "on a voté pour lui, mais...on savait pas que... on pouvait pas imaginer que...", l'article du Nouvel Obs rappelle que ce fichier a été créé une première fois en août 2006, par un arrêté du ministère de l'Intérieur (tiens, c'était qui déjà, le ministre de l'Intérieur, à l'époque ?...), et annulé en mars 2007 par le Conseil d'Etat pour des raisons de forme.

A ceux enfin qui penseraient que UMP et PS, c'est bonnet blanc et blanc bonnet (c'est-à-dire à ceux qui se seraient aventurés ici par mégarde ou par une requête Google hasardeuse, ce qui revient au même), une archive du blog Droit Des Etrangers rappellera qu'en matière de politique d'immigration, les deux candidats présents au second tour des présidentielles ne proposaient pas franchement les mêmes mesures.

NB : je tiens à rappeler ici que Ségolène Royal n'est pas du tout ma tasse de thé (ben oui, je suis vraiment très très de gauche), et que je n'ai voté pour elle que tenter d'éviter l'inévitable.

Encore Agnès Bihl...

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Commentaires
F
S'il est évident qu'entre ici qui veut, je reste chez moi malgré tout.<br /> La règle est de laisser l'endroit aussi propre que vous l'avez trouvé. Vous l'enfreinez, à mon sens.<br /> J'ai donc passé un petit coup de serpillière, et vous invite à vous retirer.<br /> <br /> Bonne année
F
(Et ce sera la dernière fois, parce que vous commencez à me gonfler)<br /> <br /> Je ne vois dans votre dernier commentaire aucune des bases requises pour qu'un dialogue s'instaure. Non seulement vous êtes méprisant, mais en plus, vous vous contentez d'asséner des pseudos vérités, avec la présomption et la suffisance de ceux qui se sentent majoritaires. C'est pas Coluche qui disait un truc du genre "C'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort qu'ils ont raison" ?<br /> <br /> Allez donc prêcher ailleurs les vertus de l'ultra-libéralisme et de la loi de la jungle. Ici, je crois que ça va suffire. Merci.
Z
Les impôts ne baissent pas pour ceux qui n'en paient pas. Il faut avoir un esprit drôlement tourné pour ne pas le comprendre.<br /> <br /> Françoise : n'allez pas tirer des déductions de ce que je n'ai pas dit. Je n'ai pas parlé d'inactivité voulue ou subie, et çe n'est pas l'objet de la conversation. Ce type de faux-fuyant est plutôt en dessous du niveau requis.<br /> Vous dites que vous ne craignez qu'à l'avenir le smicard ne sera bientôt pas mieux nanti que le chomeur. J'ai la certitude du contraire. Pour la seule raison que le smicard va pouvoir travailler plus s'il le veut. Ce qui accroîtra l'écart. Mais ce ne sotn pas seules choses qui se profilent. La baisse des taux sur le salaires est dans les tuyaux, compensée par la TVA. Je préfère cotiser à moins de caisses obligatoires et disposer de mon argent à ma guise. J'en ai assez qu'on me dise ce qui est bie pour moi en me prenant pour un enfant, j'en ai assez qu'on me dise qu'on me prend 21 % de mon brut pour mon bien et que je n'en vois jamais la couleur. Je préfère le payer plus tard en TVA, je m'y retrouverai mieux et les entreprises aussi. J'ai été aussi chef d'entreprise jusqu'il y a il y a deux ans (que j'ai fermée à la disparition de ma famille), et s'il y a une chose que personne ne peut comprendre, et surtout pas des gens qui persiflent une économie à laquelle ils ne comprennent rien : c'est le fonctionnement d'un bilan comptable. Lorsque les gens de gauche comprendront une bonne fois que les riches créent les emplois et que ce n'est pas en les empêchant de devenir riches qu'on va pouvoir aider les pauvres qui aspirent à devenir eux-mêmes plus riches, on pourra enfin envisager un peu l'avenir plus sereinement.<br /> Mais evidemment, quand on est à gauche, on n'écoute surtout pas les gens qui savent comment faire. Au contraire, on leur demande de se taire, en laissant la parole à tous ceux qui ne savent pas, mais qui parlent beaucoup.<br /> La solidarité nationale coute si cher que les emplois s'en vont ailleurs, augmentent de fait encore le cout de la solidarité, amplifiant le phénomène. Et vous voudriez continuer dans cette voie ruineuse ?
F
@ Z<br /> <br /> "Je suis heureux que l'on songe enfin à moi smicard qui vois mon salaire rattrapé par les chômeurs,"<br /> <br /> Je crains que vous ne soyez déçu. J'ai plutôt le sentiment que bientôt le smicard ne sera pas mieux nanti que le chômeur. Mais peut-être me trompais-je...<br /> <br /> "ceux dont on subventionne l'inactivité"<br /> <br /> Inactivité voulue sans aucun doute... Des petites vacances "subventionnées" en somme ? Je vous souhaite, Z, de travailler beaucoup plus pour gagner beaucoup plus. C'est beau d'y croire.
F
"Je trouve dommage le refus du dialogue."<br /> <br /> A ce stade, j'ouvre mon fidèle Robert et je lis :<br /> DIALOGUE : 1. Entretien entre deux personnes ; 2. Contact et discussion entre deux parties à la recherche d'un accord, d'un compromis.<br /> <br /> Bon. Je reformule : je ne vois pas l'intérêt, pour vous comme pour moi, de débattre de la politique de Nicolas Sarkozy puisque d'une part, nous n'arriverons à aucun accord, aucun compromis (il ne saurait pour ma part en être question), d'autre part, je ne souhaite pas non plus vous convaincre que vous vous trompez (hé oui ! je manque cruellement de combativité ! Je sais que c'est complètement has been de ne pas être vindicatif, mais que voulez-vous, on ne se refait pas !).<br /> <br /> Pour que le dialogue soit possible, il faudrait déjà prendre le temps de trier le faux du vrai, le fantasme et la réalité. Parler de la politique menée par Nicolas Sarkozy, ça signifie pour moi parler de ce qu'il fait VRAIMENT. C'est-à-dire en laissant de côté ce qu'il dit faire, ce qu'il dit vouloir faire, ce qu'il dit avoir fait.<br /> <br /> Par ailleurs, je suis en désaccord avec les sarkozystes sur un point crucial qui, à mon sens, nuit beaucoup au dialogue : Sarkozy prétend qu'il agit par pragmatisme et non par idéologie. Il n'y a rien de plus faux.<br /> <br /> Enfin, je l'avoue, je ne vous comprends pas du tout. Ca aussi, ça nuit à la possibilité d'un dialogue, vous ne croyez pas ? Quand vous dites, par exemple, être heureux que l'on songe enfin à vous en tant que smicard, je suis abasourdie. Sincèrement, je ne comprends pas comment vous parvenez à nourrir cet espoir (ou cette certitude, peu importe). Pourtant, les impôts n'ont pas baissé pour les moins aisés. Depuis deux ans, on ne peut même plus déduire les frais de garde sur l'heure du déjeuner pour les enfants scolarisés de moins de 7 ans (alors même que le repas ne représente grosso modo qu'un tiers du temps dit "municipal"). On favorise ouvertement les modes de garde individuels (type assistantes maternelles) qui coûtent beaucoup plus chers que les modes de garde collectifs (type crèche municipale). Les plafonds des diverses allocations n'ont cessé d'être abaissés. Les taux de remboursement des soins médicaux ont baissé, eux aussi. Bref. Rejeter le principe de la solidarité nationale et considérer que la loi du plus fort est une bonne chose me paraît tout simplement une hérésie. Surtout quand soi-même, on est smicard, donc fragile, ou en tous cas, facile à fragiliser (je rajoute un "ou" parce qu'il faudrait aussi distinguer les smicards des villes des smicards des campagnes...).<br /> <br /> Re-bref. Je ne refuse pas le dialogue, pour peu qu'on prenne le temps de mettre un certain nombre de pendules à l'heure. Qu'on prenne la peine de parler de la même chose.<br /> <br /> Si ça vous tente d'essayer, je vous invite en revanche à le faire par mail (en cliquant sur le petit machin "Contacter l'auteur", en haut à gauche). Les commentaires ne sont, je crois, pas faits pour ça, passé un certain point.<br /> <br /> Bonne nuit.
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