Quand Ken Loach et Clé à Molette s'allient pour me retourner l'estomac...
Vendredi dernier, j'ai vu It's a free world !, le dernier film de Ken Loach, en avant-première. J'aurais voulu me la jouer bobo, je ne m'y serais pas prise autrement (le film ne sortira que le 2 janvier dans les salles). Mais en réalité, c'est simplement que le Louis-Jouvet organise la 6ème Semaine du Cinéma Britannique.
Vendredi, j'étais contente d'avoir réussi à échapper au discours que celui dont on ne devait pas prononcer le nom ce jour-là avait tenu la veille. Monsieur mon père s'était fait une joie de me montrer le portrait de Lui dans Libé, mais je n'ai pas lu l'article. Pas une ligne.
Pourtant, je n'avais pas la pêche. J'avais reçu un sms lamentable, d'un type (nous l'appellerons Clé à Molette) que je ne peux pas prétendre connaître, mais qui, lorsque je l'avais eu au téléphone, le mois dernier, m'avait paru sensé. Je suis comme tout le monde : je n'aime pas me tromper sur les gens. Ca m'a déçue que Clé à Molette se revèle beaucoup moins sensé que je l'avais cru.
It's a free world m'a profondément secouée. C'est probablement pour cette raison que j'ai attendu trois jours pour en parler. C'est du grand Ken Loach, violent, humaniste et dérangeant, dont je suis ressortie les yeux humides. Déconfite.
Si je devais établir un lien entre It's a free world et Clé à Molette (oui, parce que c'est une manie chez moi : je fais des liens tout le temps et dans tous les sens...), je (re)dirais que c'est parfois difficile de croire en l'humanité. Aimer les gens en acceptant de les voir tels qu'ils sont. Ca relève au mieux du parti pris, au pire de la gageure. J'irais même jusqu'à tirer la conclusion que la seule chose vraiment importante dans la vie, c'est de faire selon sa conscience. C'est-à-dire se débrouiller pour pouvoir toujours se regarder dans une glace.
