Jacques a dit "Votez Sarkozy !"
J'essaye de me mettre dans la peau d'un chiraquien pur jus deux secondes (ça doit bien exister, non ?). C'est un vrai défi, je vous jure, et mon vote - contrainte et forcée - en Mai 2002 ne m'est d'aucun secours (ce qui est plutôt rassurant, quand on y pense : "chiraquien d'un jour, chiraquien pour toujours", ça aurait été vraiment flippant !).
Bon, d'abord, c'est quoi, un chiraquien ? Hum... C'est quelqu'un de droite, ça c'est certain. Mais quel peut bien être son idéal ? A quelle société rêve-t-il le soir en s'endormant, le chiraquien ? Ses enfants fréquentent-ils des établissements privés (sans doute catholiques, mais passons là-dessus), ce qui lui permet de se réjouir de payer moins d'impôts, puisque lui, il s'en contrefout que l'école publique aille mal ? Ouais, bon... c'est pas gagné que je parvienne à me mettre dans la peau d'un chiraquien, puisque, tout bien réfléchi, je ne suis pas certaine de savoir réellement ce que c'est, ce que ça pense, ce que ça veut, tout ça.
Mais, sans être chiraquienne, je pense qu'on peut affirmer que Nicolas Sarkozy est beaucoup plus à droite que Jacques Chirac. Plus à droite que beaucoup de gens de droite de ma connaissance, aussi (oui, ben j'ai fréquenté des établissements privés, moi aussi... Privés ET catholiques, mais je n'en garde aucune séquelle et plein de bons souvenirs).
Alors, quand j'ai entendu sur France Inter (oui, parce qu'en plus de mes nombreuses tares de sale intello-gaucho-libertaire, je dois vous avouer : je n'ai pas la télé ; je m'en suis débarrassée il y a trois ou quatre ans) que Jacques Chirac avait fini par annoncer qu'il soutenait la candidature de Nicolas Sarkozy, trois idées se sont bousculées dans ma tête (oui, trois seulement, parce que je suis un peu fatiguée, en ce moment) : 1) il n'avait pas vraiment le choix, Monsieur 82% , 2) il le soutient, d'accord, mais si ça se trouve, en coulisse, il manoeuvre pour faire gagner François Bayrou (je sais, Bayrou commence à baisser dans les sondages, mais bon...), 3) on est vraiment dans la m... (enfin, ça, je me le dis à peu près tous les jours, depuis un petit bout de temps).
Voilà. Tout ça pour dire que je souhaite beaucoup de courage à toutes celles et tous ceux qui sont de gauche et donc, profondément désemparés, ou désespérés, ou dépités, ou révoltés, ou tout ça à la fois, parce que du courage, il va nous en falloir...