Vivons heureux en attendant la mort !
Il arrive quelquefois qu'un livre nous tombe entre les mains de façon providentielle. On se dit "olala ! qu'est-ce que ça tombe bien, que je lise ce bouquin maintenant ! Précisément maintenant !" et on se sent heureux. Ce sentiment de bonne rencontre au bon moment participe du plaisir de la lecture, et on se surprend même à fantasmer sur l'auteur, à le parer de toutes sortes de qualités rarement réunies en un seul et même être humain ! Bref... Je suis tombée (plus ou moins volontairement, je dois l'avouer) sur La Puissance d'Exister, de Michel Onfray. Manifeste Hédoniste, rien que ça ! Ceux et celles qui ont le mauvais heur de me côtoyer ces huit derniers mois (et que je remercie au passage de me supporter dans ces moments difficiles) savent que je suis à peu près aussi éloignée de l'hédonisme actuellement que Marie-George Buffet du Palais de l'Elysée. Et poutant, plus je progresse dans ma lecture (avec le Petit Robert juste à côté, parce que, sans déconner, qui connaît le sens de l'adjectif "synallagmatique", comme ça, de tête, sans regarder le dictionnaire ?), plus j'ai le sentiment que ce Michel Onfray - qui m'avait déjà séduite avec son Traité d'athéologie - me parle de désirs, d'aspirations, d'idéaux, que je porte en moi depuis un certain temps sans savoir les nommer, et surtout, les organiser ! Les mots des autres, tout en soulignant nos failles, font parfois un bien fou.
A quelque cinquante-deux jours de l'élection présidentielle (merci Le Monde.fr de tenir un décompte aussi précis...), entamer la sixième partie de ce livre, intitulée Une politique libertaire, m'a aéré la tête, pourtant farcie de sondages désespérants, et redonner (un peu) foi dans le genre humain (que je perds régulièrement, mais il faut bien reconnaître que ce n'est pas toujours simple de se souvenir où on range ses affaires). Certes, ça ne suffit pas à rasséréner totalement. La menace de voir Nicolas Sarkozy parvenir à la présidence de la République est toujours bien présente. Mais cela permet de penser la vie autrement (tout du moins, tenter de le faire), et c'est déjà beaucoup.