31 octobre 2007
Pour Michel Hunault, hip hip hip...
Je ne connaissais pas Michel Hunault
(député de Loire-Atlantique, Nouveau Centre) avant hier. En fait,
j'ignorais même carrément son existence avant de tomber par le plus
complet des hasards (merci Wikio) sur un billet du 29 octobre qui parlait de lui, sur le blog Le Salon Beige (je vous mets le lien juste parce que c'est important de citer ses sources, mais bon, c'est vous qui voyez).
Donc, j'ai découvert l'existence de Michel Hunault parce que ce monsieur a déposé une proposition de loi, le 24 octobre dernier, visant "à instituer un salaire parental de libre choix en regroupant et consolidant les prestations actuelles afin de donner aux mères ou aux pères de famille un véritable statut".
Ce n'est peut-être qu'un "détail", mais cette proposition n'est ni plus ni moins que LA grande mesure du Front National en faveur des familles. Là, j'ai vraiment hésité un long moment avant de mettre un lien vers le site du FN, mais bon, vous êtes grands, plus ou moins "gauchistes" à ce qu'il paraît, donc je le mets en espérant que personne ne cliquera dessus. D'ailleurs, ce n'est vraiment pas la peine, puisque je vous copie avec mes petites mains les lignes qui nous intéressent :
[...] la création du salaire parental destiné à offrir, pendant la période souhaitée, aux mères ou aux pères de famille, la possibilité de choisir librement entre l'exercice d'une activité professionnelle et l'éducation de leurs enfants. Un SMIC sera versé pendant 3 ans pour le 1er enfant, renouvelable 3 ans pour le 2ème enfant, et 10 ans pour le 3ème enfant
C'est assez ressemblant, non ?
Par ailleurs, il faut rappeler que les femmes sont déjà plus touchées que les hommes par le chômage, mais aussi par le sous-emploi. Selon une étude de l'INSEE publiée en 2005, environ 5% des actifs ayant un travail étaient en situation de sous-emploi*. Cette situation concerne les femmes dans 8 cas sur 10.
L'Observatoire des Inégalités avançait le chiffre de 900 000 femmes en temps partiel contraint au 8 mars 2005.
Il ressort également de cette étude que la probabilité d'occuper un temps partiel non voulu est plus forte chez les moins de 25 ans, les non-diplômés et les étrangers.
Par conséquent, on peut imaginer sans trop de risque de se tromper, que les personnes susceptibles de se voir verser ce salaire parental seront principalement des femmes, peu ou pas diplômées, renonçant à un emploi à temps partiel (voulu ou non), ou ne trouvant tout simplement pas de travail.
A force de faire passer des Nadine Trintignant ou des Ni putes ni soumises pour des défenseurs des droits de la femme, on finit par oublier ce qu'est vraiment le féminisme. D'ailleurs, ce terme même est proscrit ; on ne tolère son usage que pour évoquer l'avant-soixante-huit, ou la lutte pour le droit à la contraception et à l'avortement (merci encore, Simone !). Comme si tout ce que nous étions en droit de réclamer nous avait été accordé et que l'heure de fermer sa bouche avait sonné.
Cette proposition de loi me fait dresser les cheveux sur la tête parce qu'elle est déposée dans un contexte socio-économique clairement défavorable aux femmes (aux hommes aussi, mais aux femmes encore plus). Plutôt que d'essayer d'apporter des solutions pour résoudre la situation, on veut créer un statut de mère au foyer, qui permettrait de faire baisser les chiffres du chômage. Justement, ça tombe bien, on va bientôt supprimer une grande partie des "hôtesses de caisse" en grandes surfaces (emplois, comme chacun sait, à temps partiel et occupés majoritairement par des femmes)...
* Le nombre de sous-employés n'a cessé d'augmenter entre 1990 et 1998, passant de 3,6% à 6,6%. Puis, avec la décrue du chômage, leur nombre a reculé jusqu'au début de l'année 2002, avant de repartir à la hausse pour atteindre 4,8% des actifs ayant un emploi en 2004 (source INSEE).
Commentaires
Et en même temps...
Que c'est dur...
J'écoutais sur France Inter (Interception, excellent magazine de la rédaction d'Inter), un reportage sur ces femmes qui doivent abandonner leurs gamins à 5h du matin pour aller nettoyer nos bureaux, qui rentrent du supermarché où elles tiennent une caisse à 23h après que leurs enfants sont couchés sans qu'elles aient pu vérifier s'ils avaient correctement mangé, fait leurs devoirs, bref, sans avoir le temps de faire leur boulot de parent.
Ce reportage montrait l'angoisse de ces femmes - seules, évidemment - qui font tout pour leur gamin, qui savent que ce n'est pas assez parce que rien ne remplace la présence, et parce que leur emploi à 80% d'un temps plein au SMIC leur suffit à peine, voire pas assez.
Pour elles, ne serait-ce pas une bonne chose, qu'un statut de mère au foyer, payé 100% du SMIC, voire plus si elles ont plusieurs enfants, ou selon le niveau de scolarité de ces enfants ?
Alors évidemment pour l'opinion publique, ce sera bien perçu...
alors que, moins évidemment, pour 80, 90 ou même 95% de la population féminine, cette proposition de mesure pourra devenir une porte fermée à l'entreprise (qu'est-ce qu'elle vient nous faire chier cette conne, elle peut pas rester chez elle à être payée par l'état, et pourquoi embaucher une bonne femme qui me claquera dans les doigts à la première grossesse pour rester à être payée de chez elle) ?
Mais que c'est dur d'être objectif sans être manichéen, dans le contexte actuel, avec des dirigeants archi-manichéens (ce qui leur profite ou pas)...
@ Deudeu
Tu as raison de souligner les difficultés supplémentaires pour les femmes élevant seules leurs enfants. J'ai renoncé à le mentionner parce que le billet était déjà assez long...
Je ne prétends pas avoir la solution, bien sûr. Mais il me semble que c'est le travail des femmes qu'on doit faciliter, les conditions de travail qu'on doit améliorer (en limitant les journées "coupées", notamment),et non décréter qu'élever ses enfants est un travail.
On est quand même là sur un terrain glissant, où on joue sur les mots. Par "travail", on entend généralement une activité rémunérée, certes, mais aussi une activité grâce à laquelle on participe de la vie sociale et collective. Même quand le travail n'est pas valorisant, même lorsqu'ilest pénible et mal payé, même quand il génère du stress (ou pire), quand on bosse, on a le sentiment d'exister socialement. On est dans la société.
Limiter les femmes à leur rôle de mère en les remettant à la maison avec un revenu (et un tablier offert ?), c'est tout sauf leur permettre de s'émanciper.
Quant à l'"éducation" qui en résulterait, bonjour le retour en arrière ! Les garçons verront uniquement leur père partir au boulot, rapporter la paye pour remplir le frigo, comprendront donc que tout repose sur l'homme. Les filles réapprendront que le rôle d'une femme est d'être à la maison. Suffit de réintroduire les cours de cuisine et de couture à l'école, et le tour est joué.
C'est précisément contre cette répartition des rôles que des femmes et des hommes se sont battus, se battent encore (de façon très marginale). Enfin, je crois...
Bises, Deudeu !
Attends ! pourquoi les femmes à la maison ? pourquoi ça serait pas le père qui choisirait le salaire parental ? là c'est toi qui fais du sexisme FloPy non ? ;-)
Je crois que dans ce domaine le maître mot est "choix". C'est bien le temps partiel, s'il est choisi. C'est bien le salaire parental, s'il est choisi. S'il est subi, c'est pas bien ...
Il ne faut pas non plus jeter le bébé avec l'eau du bain (c'est bien le moment de le dire !) : ce n'est pas parce qu'une proposition figurait dans le programme du FN qu'elle est forcément à mettre à la poubelle. C'est ça qui faisait la force du FN aussi : mélanger le OK avec le pourri.
Pour finir sur une note plus légère, je suggère que les candidats au salaire parental passent un test ADN pour vérifier que leurs enfants sont bien leurs enfants, et qu'ils ne veulent pas profiter induement des deniers publics
;-)))
@ Madame 2
Le congé parental d'éducation peut être pris par le père ou la mère. Dans la pratique, ce sont les femmes qui le prennent à 98%.
Pourquoi ? Parce que le salaire d'une femme est en moyenne inférieur à celui d'un homme. Elle perd donc moins à s'arrêter de travailler que son conjoint.
Partant de là, on peut difficilement imaginer que, dans la pratique, il n'en sera pas de même pour le salaire parental. Puisque ce sont exactement les mêmes paramètres qui seront pris en compte pour faire ce "choix" soi-disant "libre".
Autre chose : je ne parle ici que de "temps partiel contraint" (dit aussi "temps partiel subi"). C'est-à-dire de ceux et celles qui voudraient travailler à temps complet, mais à qui l'on impose un temps partiel (en moyenne, 20 heures par semaine, selon l'INSEE).
Et non, je ne pense pas que le salaire parental soit une bonne chose, même s'il est choisi. Il suffit de lire les études sur les difficultés du retour à l'emploi pour les femmes ayant pris un congé parental d'éducation, pour imaginer l'impact du salaire parental.
Deudeu disait ça très bien : pourquoi embaucher une bonne femme qui peut rester chez elle pour s'occuper de ses enfants en étant payée ? Autant prendre un homme directement ! Aucun risque de grossesse, peu de risques qu'il s'arrête pour soigner la varicelle ou l'angine du petit dernier, etc.
Tout va dans le même sens, Madame 2 : de moins en moins de boulot pour les personnes non-diplômées, de plus en plus de temps partiels imposés par l'employeur, pas de volonté politique de développer le mode de garde collectif (beaucoup moins coûteux que le mode de garde individuel), et une "mentalité" qui n'a pas franchement évolué quant à la répartition des rôles (même si les hommes aident un peu plus qu'avant aux tâches ménagères). C'est aussi regrettable qu'indiscutable...
Bises !
@ Madame 2 (suite)
J'ai fait un gros pavé, mais j'ai oublié de dire que s'il est vrai que ça me choque que cette proposition-phare du FN soit reprise par un gars du Nouveau Centre, ça m'aurait tout autant choquée qu'elle se retrouve dans le programme du PS. C'est l'idée même de salaire parental qui me choque et me met en colère. Le fait que ce soit en plus une proposition frontiste, c'est la cerise sur le gâteau.
Bises (encore) !
Le problème...
... ne vient pas du choix, mais de entre les mains de qui on met ce choix.
Exemple : Le CNE permet de virer quelqu'un durant 2 ans sans justification, comme s'il s'agissait d'une période d'essai de 2 ans.
C'est mal.
Cas concret : mon patron fonctionnait avant le CNE de la manière suivante :
CDD de 3 mois, éventuellement transformé en CDD de 9 mois, ou alors directement en CDI. Au bout des éventuels 9 mois, transformation en CDI ou non-reconduction. Cela lui évitait de trop s'engager avec quelqu'un qui ne correspondait finalement pas au poste.
Aujourd'hui, le fonctionnement est le même, avec un CNE assorti d'une période "d'essai" plus ou moins importante. J'ai moi-même eu droit à 9 mois "d'essai", où mon patron me demandait fréquement - et il me le demande encore - si j'étais bien dans l'entreprise, si mon poste me convenait. Arrivé au terme des 9 mois, j'ai eu l'équivalent d'un entretien annuel, et on a continué ensemble. Le CNE lui a juste évité de la paperasserie, pas d'être un être humain responsable avec une conscience.
Mettez le même CNE dans les mains d'un petit chef, et il vous vire tout le monde et n'importe comment...
J'ai la joie de t'annoncer que ce monsieur est mon député. J'ai de la chance, hein ! ;-)
Et des conneries, il en dit pas mal d'autres !
@ Marie
Ah... C'est pas de chance :-D
Si tu as des "conneries" qui te reviennent, n'hésite pas à en faire part !
Bises et bonne soirée
Tu sais qu'il a un jumeau, maire de ma commune aussi ? Et que leur père a été maire et député avant eux ? Je vis à Hunaultland en fait ! :-s
Oh ! la vache ! Il y a donc un nid ?!?
Je réitère : c'est vraiment pas de bol :-D
Bisous, Marie et bonne nuit !
PS : Au fait, tu en penses quoi, du salaire parental ? Plutôt pour, plutôt contre, ou NSP ?
Je suis partagée. Je préfère ne pas me prononcer avant de m'être vraiment fait une idée...
Je suis opposée à un salaire parental tel qu'il est proposé. Mais en même temps, je ne suis pas complètement réfractaire à une indemnité type congé parental au-delà de 3 ans pour les personnes qui souhaitent vraiment rester au domicile. Je suis dans ce cas là. J'ai une vie associative très riche qui me permet d'avoir une vie sociale satisfaisante sans m'astreindre à un rythme professionnel compliqué. Je préfèrerais avoir une allocation qui complèterait le revenu global de la famille plutôt que d'aller bosser à mi-temps dans un boulot pas très intéressant et du coup en faisant garder mes enfants... mais je ne sais pas comment ça pourrait être mis en forme.
Et en tous cas, je trouve qu'il faut être prudent car beaucoup de personnes, essentiellement des femmes, ont besoin de sortir de chez elles pour pouvoir vivre "librement"... Et si la liberté et l'indpendance face aux hommes passe par le travail... C'est vrai que beaucoup de femmes au foyer sont fragilisées socialement...
Enfin, bref, tu me poses une question qui m'embarrasse, là ! ;-)
Je viens de lire votre billet et dans un premier temps, je me suis éloigné, et puis voyez-vous je reviens.
Votre billet est très détaillé, peut-être un peu trop, mais j'avoue que je ne comprends pas bien votre réaction.
Cette idée de salaire parental n'est absolument pas nouvelle, et l'associer au FN est une erreur. Elle a été étudié par tous les partis y compris le PS.
Mais surtout ce n'est pas une mesure obligatoire. Pourquoi toujours envisager les choses comme quelque chose de contraignant. Dieu merci, chacun d'entre nous garde son libre arbitre.
Il y sûrement de nombreuses femmes qui seraient heureuses de profiter de cette mesure.
De plus cette mesure ne vise pas spécialement les femmes, elle concerne le couple et donne ainsi le choix à l'homme ou à la femme de rester au foyer.
Il ne faut pas toujours voir le côté négatif.
@ Motpassant
Bonjour !
Effectivement, l'idée de salaire parental n'est pas nouvelle, et elle est proposée pour les hommes ET les femmes. La raison pour laquelle je l'associe au Front National est toute bête, en fait : j'ai pu voter pour la première fois en 1995 (je suis de 1976). J'ai épluché tous les programmes des candidats aux élections présidentielles, cette année-là. Consciencieusement (même s'il était évident que je voterais à gauche). Cette proposition était déjà dans le programme du FN (et du FN uniquement), et déjà à l'époque, ça m'avait choquée.
Il faut, je crois, décoller le nez du texte de loi, et voir dans quelle société nous vivons. Partir de ce qui est, et non de ce qui devrait être.
La révolution manquée de mai 68 n'a rien changé, ou si peu, à la répartition des rôles au sein du foyer. Ce sont toujours les femmes qui ont en charge l'éducation des enfants (peut-être même plus qu'avant, puisqu'une famille sur deux est une famille monoparentale). Et ce n'est pas près de changer, puisque le schéma se transmet de génération en génération, par l'éducation, justement ! (Sur la transmission des schémas, l'aliénation "volontaire", etc, voir Bourdieu, La domination masculine, éd. du Seuil)
Peut-être que tu as raison, et que je ne vois que le côté négatif. Peut-être que si cette loi passe, les mentalités changeront d'un seul coup, et qu'autant d'hommes que de femmes s'arrêteront de travailler pour élever leurs enfants. Peut-être que ce sera aussi valorisant socialement que de travailler "à l'extérieur". Mais honnêtement, je suis très sceptique...
Au jour d'aujourd'hui, les femmes au foyer sont soit des bourgeoises dont le mari gagne un très bon salaire, soit des femmes de condition (très) modeste, sans diplôme, qui ont renoncé à chercher du travail, ou bien renoncé à un travail pénible et mal payé.
Pour ces femmes-là, ça me paraît un peu fort de café d'oser parler de "libre choix", parce que dans la réalité, on s'aperçoit vite qu'elles n'ont pas réellement d'alternative.
Bon, cela dit, je ne nie pas que le problème soit complexe et nécessite une analyse multidimensionnelle que je ne suis pas capable de mener ;-)
Bises et bonne journée, Daniel !
oui mais
Motpassant dit : "Il ne faut pas toujours voir le côté négatif.".
J'aurais préféré que vous disiez "Il ne faut pas voir que le côté négatif."
faire évoluer les représentations...
je suis partagée aussi sur cette question ...de fait , il me semble que les femmes " mères de famille" monoparentales ou dont le conjoint a un salaire peu élevé aspireraient davantage à une aide plus importante pour aider à la garde des enfantss qu'à un salaire parental ! je parle essentiellement des femmes car si qqs hommes sont partants , ils sont peu nombreux !!!
les milieux plus favorisés n'ont pas la même approches : élever ses enfants relève plus d'un break ds le boulot !!! enfin il me semble !!!
d'autre part flo, tu évoquais l'image parentale du seul père qui va au boulot ....qd on voit la difficulté qu'ont les enseignants à faire bouger les représentations ds les manuels scolaires : maman à la cuisine, papa au travail !!!
@ Anna
Bienvenue par ici !
Oui, il y a bel et bien un problème de représentation. Si les enfants grandissent dans un schéma à la Petit Ours Brun (maman à la cuisine, papa au travail), comment peut-on espérer faire évoluer un jour les mentalités et les comportements ?
Bises et bonne soirée.
C'est tout simplement choquant dans le sens !
Un parent qui reste au foyer pour s'occuper des enfants ne le fait pas comme une mission rémunérée !
Vouloir financiariser l'amour des parents, voilà bien une idée de droite !
_ Et toi ta mère, elle est payée combien pour s'occuper de toi ?
_ Oh moi, ma mère est pauvre…
Les femmes ont le croit de travailler pour conquérir leur indépendance vis à vis de l'homme. Mais surtout pas de travailler dans n'importe quelle condition.
Cette proposition du député, siphonnée sur le programme du FN est une façon de libérer du travail pour les hommes et mettant les femmes à la maison. Dépendantes du mari ou de l'Etat. Car, une femme qui cesse de travailler pas mal d'années ne sera plus intéressante sur le marché du travail. Déjà que ceux et celles qui ont de l'expérience ne trouvent pas de boulot! Alors, pensez à celles qui auront été longtemps en congé parental.
Maintenant, si les conditions de travail ne s'étaient pas dégradées, emplois précaises, stages mal payés, boulots fractionnés, horaires impossibles, le problème se poserait de façon toute autre pour les femmes. Ajoutons à cela, une vraie politique de crèches et d'encadrement social des enfants après la classe et tout serait différent.
Mais les mêmes élus qui pondent des propositions de loi aussi rétrogrades, sont ceux qui sont en retard dans toutes ces mesures.
Au fait! Regardons en allemagne qui a une politique qui pénalise les femmes qui travaillent. Reste-t-elles pour autant plus à la maison? Eh bien non! Elles bossent et ne font plus d'enfants!
Problème de fond
Fondamentalement, l'idée d'un salaire parental ne me choque pas... dans le modèle social actuel.
Précisons pour commencer que dans le contexte social acutel, pour toutes les raisons éumérées ci-dessus (basiquement, l'inégalité de traitement des hommes et des femmes sur le marché du travail) bien entendu, ça pue la fumisterie antiféministe.
Mais dans la société telle qu'elle est pensée et traduite dans nos lois, c'est assez logique. Pourquoi ? Parce que notre modèle familial est hérité de l'après-guerre, époque à laquelle il fallait, pour le redressement de la nation, pondre à qui mieux mieux. D'où une incitation législative forte à garder les mères au foyer, quitte à favoriser leur retour à l'emploi ultérieurement (voir toutes les dérogations qui existent par exemple pour les mères des trois enfants qui postulent à un emploi dans la fonction publique). De fait, élever un enfant, c'est, dans l'ordre des choses qui est le nôtre, rendre service à la société ; dans le même esprit que l'éducation est peu ou prou gratuite dans notre pays, car c'est un investissement tout à fait rentable à long terme pour la société. (évidemment ça, ça va peut-être changer rapidement vu qu'on manage de plus en plus les universités comme des entreprises qui doivent s'autofinancer et dégager des bénéfices, financiers bien sûr, à court terme... mais c'est un autre débat)
Comme souvent avec les mesures présentées par les soit-disant libéraux, ce salaire parental, dans une société égalitaire, renforcerait l'égalité ; mais de fait, dans notre réalité bien inégalitaire, il ne fera que renforcer l'inégalité.
Toujours est-il que pour moi, la vraie question est plus profonde : sommes-nous résignés, en ces heures d'urgence écologique, à demeurer dans une optique productiviste, y compris à propos de la natalité et de la famille ; ou ne faudrait-il pas un peu réfléchir au modèle familial et social adapté aux contraintes environnementales (et culturelles, car cette question rejoint par exemple celles des droits des homosexuels) ?
Tout ça est un peu confus, je le reconnais... je ferai mieux la prochaine fois j'espère...
Révolution
On peut continuer à avoir des enfants et à travailler. Mais autrement.
Tout reste à inventer et ce n'est pas gagné.
Cette nécessaire révolution se fera peut-être dans la douleur, faute de n'avoir pas voulu ouvrir les yeux, ou de s'être contenté d'énoncer des vérités fatalistes et immobiles.
des mœurs, pas des lois
pour la révolution, c'est dans les têtes qu'il faut la faire ; les dispositifs existants (compensations en cas d'arrêt ou de diminution d'activité ; obligation pour l'employeur de proposer un temps partiel pour une période d'un an reconductible deux fois ; possibilité de démissionner sans pénalité ; etc.) sont déjà assez intéressants. Par contre, trop peu utilisés ; en discutant avec des collègues de l'éventualité de passer à temps partiel à partir du moment où je serais papa, la réponse quasi-unanime fut : "ah mais ça s'est jamais fait !"
C'est sûr que s'ils n'ont jamais demandé...
Cher Mammouth (et les autres),
On peut continuer à avoir des enfants et à travailler. On peut aussi avoir des enfants et ne pas avoir envie de travailler à l'extérieur à un moment donné. J'ai travaillé jusqu'à la naissance du 2ème et je n'ai toujours pas repris. Je suis embêtée car souvent, on me met la pression sur ce que je vais faire après le congé parental, sur comment je gère mon temps.
Moi, ça m'agace car je suis très bien chez moi. Si je retourne travailler, c'est pour des raisons financières, pour ne pas que tout pèse sur mon conjoint, mais je sens que c'est plus la société qui me pousse que ma propre envie.
J'ai choisi de ne pas travailler pour le moment, en accord avec mon conjoint et je ne me sens pas redevable ou spécialement dépendante. C'est vrai qu'il a un pouvoir économique et financier que je n'ai pas, mais je n'ai aucun scrupules à faire mes courses avec le compte familial.
Je crois que le vrai problème vient du fait que les relations sociales sont basées avant tout sur la valeur travail. Et souvent, les personnes au foyer (si on peut nous appeler comme ça) sont vues comme improductives. En même temps, on est obligé de vivre avec l'héritage de Simone de Beauvoir. Les féministes ont fait un vrai boulot de décrassement mais en ce qui me concerne, je trouve qu'elles sont allées trop dans l'extrême...
J'aimerais qu'on revienne à des équilibres plus justes. Avoir un enfant n'est pas forcément aliénant. Cela n'empêche pas de travailler certaines mères (car ce sont plus souvent elles qui se posent la question), mais moi, cela m'embête. Je ne crois pas qu'une mère puisse être remplacée par Pierre, Paul ou Jacques dès la toute petite enfance et d'un autre côté, je trouve une vraie satisfaction à être avec mes enfants, y compris les grands.
Si les gens ne me faisaient pas remarquer que je ne produis rien, je me sentirais parfaitement utile : je suis engagée dans de nombreuses associations qui ne pourraient pas fonctionner aussi bien si nous n'étions pas là, nous, les improductifs. Et pourtant, tout le monde est d'accord pour dire que les gens ne veulent plus faire de bénévolat. Franchement, si je valorisais le temps passé pour mes activités, je ferais largement un bon mi-temps.
Alors, oui, je suis une mère au foyer. Pas productive en terme économique mais je crois que je tiens ma place dans la société.
Il y a aussi le problème des enfants qui après un certain âge sont laissés seuls par les parents -trop grands pour aller chez une nourrice- et qui "zonent", se gardent devant la télé ou la Play Station... On nous dit tout le temps que les parents démissionnent, qu'ils ne remplissent pas leur rôle... moi, j'ai envie de remplir le mien et j'ai envie d'être là pour mes enfants.
Forcément, je ne suis pas très claire... certains vont penser que je suis réac'... Tant pis. Je crois qu'il faut arrêter d'opposer les mères au foyer par défaut et les féministes. Certaines mères se trouveraient effectivement fragilisées si elles restaient chez elles... d'autres pas forcément. De là à être payées pour ça, je ne sais pas. C'est un autre débat.
Je précise que j'ai travaillé et que je retravaillerai peut-être un jour, même sûrement. Etre foyer peut être un passage, choisi et réfléchi... même si je sais que la société et surtout le monde professionnel me le feront payer ensuite.
Un exemple : je suis allée voir les ASSEDIC pour me renseigner sur les formations et concours auqxquels je pourrais avoir accès après mon congé parental pour réfléchir à un projet de réinsertion... ils m'ont envoyée balader ! Motif : "vous reviendrez nous voir quand vous serez inscrite chez nous !" Franchement, j'étais verte !
Bon, j'espère n'avoir choqué personne...
Il en faut plus pour choquer un Mammouth.
J'entends bien tous les arguments. mais pour avoir, en d'autres temps travaillé dans des milieux des enfants en difficulté, j'y ai vu plus de femmes que d'hommes en grande détresse.
Pourquoi? Parce que beaucoup de mâles agissent encore comme tels, ce sont les femmes qui sont laissées seules, avec les enfants, après avoir décroché du travail, parfois au bout de nombreuses années et avec d'énormes difficultés de réinsertions.
Alors, oui! Vivent les enfants et la vie apaisée dans l'ombre protectrice de l'être aimé. jusqu'au jour où...
Les problèmes ne se posent jamais quand tout va bien.
Je le sais... On en parle souvent avec mon compagnon. Un des arguments qu'il m'avance pour que je reprenne une activité après le congé parental, c'est le "au cas où il m'arrive quelque chose ou au cas où tu veuilles partir..."
Je suis d'accord avec toi. Les familles monoparentales ont souvent des femmes à leur tête et elles sont plus fragiles.
Je parlais là de choix. De choisir d'être à la maison. Mais je ne suis pas encore arrivée à faire le tri dans ma tête sur ce sujet. Pas complètement.
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