Place Assise Non Numérotée

Badaboum (version Loïc Lantoine) Photoblog politique

02 novembre 2011

Manif nationale contre les violences faites aux femmes

arton325-d0124Contre les violences, au « pays des droits de l'Homme », où sont les droits des Femmes ?

La domination masculine imprègne l'ensemble des rapports sociaux entre les sexes. Elle distribue le pouvoir et les places de façon complètement inégalitaire entre les femmes et les hommes : au travail, dans la représentation politique, à la maison, dans le sport, les médias, les arts et la culture. Partout les femmes doivent se battre pour l'égalité.

Les affaires récentes impliquant des hommes politiques ont mis en évidence un déni profond des violences faites aux femmes. Les insultes sexistes, les propos méprisants ont fusé et occupé écrans et colonnes de journaux. A l'heure actuelle, la confusion est grande entre libertinage et violence sexuelle, entre drague et harcèlement sexuel, entre relation sexuelle et viol.

Ces affaires sont médiatisées uniquement en raison de la célébrité des hommes concernés.

Les violences envers les femmes sont quotidiennes et universelles sur l'ensemble de la planète. Elles sont l'expression des rapports de domination exercés par les hommes sur les femmes dans le système patriarcal.

Les violences, toutes les femmes connaissent : elles peuvent aller crescendo, de l'insulte au meurtre, en passant par le viol, du sexisme ordinaire au crime…

  • c'est la main aux fesses dans le métro et les sifflets méprisants dans la rue
  • c'est la fille obligée de s'habiller en jogging pour avoir la paix
  • c'est la femme menacée d'un mariage forcé
  • c'est la femme qui rentre à 2 heures du matin et regarde sans cesse derrière elle pour voir si personne ne la suit
  • ce sont les coups, injures, insultes, menaces, humiliations, viols par le conjoint
  • c'est la copine, au travail, harcelée constamment par son chef qui veut la faire « passer à la casserole »
  • c'est la lesbienne qui est violée pour lui apprendre ce qu'est « un homme, un vrai »
  • c'est la voisine qu'on entend crier et pour laquelle on hésite encore à appeler les flics
  • c'est la femme qui n'a jamais pu dire que son père l'a violée dans sa jeunesse etque cela a fichu sa vie en l'air
  • c'est la femme immigrée qui ne peut rien dire contre les violences de son mari quand son titre de séjour dépend de lui
  • c'est la femme violée dans un conflit armé qui réclame l'asile en France
  • c'est la mère de 3 enfants qui vit seule et est contrainte de se prostituer pour boucler les fins de mois
  • c'est la fille violée par plusieurs garçons, que ce soit dans une cave, un salon ou lors d'un bizutage
  • c'est la femme qui meurt sous les coups d'un conjoint ou d'un ex conjoint…

Nous féministes individuelles, associations féministes, syndicats et partis politiques, tenons à réaffirmer que la lutte contre les violences faites aux femmes est une lutte première pour atteindre l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, et que nous continuerons à la mener envers et contre tout. Nous réaffirmons que les violences sexuelles ne sont pas du domaine du privé, du domaine de la drague et de la séduction. Elles sont du domaine public car elles tombent sous le coup de la loi.

Nos revendications

Pour lutter contre les violences, pour signifier l'interdit, il faut des lois à la fois ambitieuses et pleinement mises en oeuvre. Il faut donc avoir la ferme volonté politique de voter des lois efficaces et de les appliquer en se fixant comme tout premier objectif d'informer, de sensibiliser, de convaincre. Ce n'est pas le cas de la énième loi contre les violences votée, grâce à nos mobilisations, en juillet 2010.

Malgré des avancées, elle est en effet incomplète parce que de nombreuses revendications ont été laissées de côté lors des débats législatifs. En outre, les premières remontées sur son application semblent pour le moins « contrastées »… CA SUFFIT !

Parce que les violences ne doivent pas être une fatalité pour les femmes, nous exigeons, comme en Espagne, une loi cadre contre les violences faites aux femmes.

Tout de suite nous exigeons :

des campagnes d'information et de sensibilisation pérennes auprès de tous les publics et la mise en place d'une véritable éducation non sexiste à tous les niveaux de l'éducation nationale

  • une formation spécifique et obligatoire en matière de prévention et de prise en charge des violences faites aux femmes pour tou-te-s les professionnel-le-s concerné-e-s
  • la possibilité que toutes les femmes en danger de violences soient protégées, de par la loi, et non seulement celles victimes de violences conjugales ou menacées de mariage forcé.
  • le changement dans le code pénal et le code du travail de la définition du harcèlement sexuel. Le harcèlement sexuel c'est, comme le dit l'Union Européenne, un « comportement non désiré à connotation sexuelle »
  • la délivrance ou le renouvellement dans les plus brefs délais du titre de séjour pour les femmes étrangères victimes de violences conjugales.
  • le statut de réfugié pour toute femme demandant l'asile parce victime de violences sexistes, sexuelles ou lesbophobes
  • l'abrogation du délit de racolage et la mise en œuvre d'une politique de pénalisation du client de la prostitution.
  • une réelle politique de logements prioritaires pour les femmes en danger.
  • la mise en place d'un Observatoire national des violences qui étudie, impulse, évalue les politiques menées

Nous exigeons aussi que des moyens soient dégagés pour permettre un contrôle de l'application des lois sur les violences faites aux femmes. Nous exigeons qu'une commission de contrôle multipartite soit mise en place où siègeraient les pouvoirs publics, des parlementaires et des associations de défense des droits des femmes.

Enfin nous exigeons que les associations féministes conservent les missions de service public auprès des victimes qui leur sont conférées, ce qui implique non seulement le maintien des moyens financiers qui leur étaient accordés mais aussi leur augmentation. Il est hors de question que l'État se désengage ! Si des missions de service public sont transférées aux collectivités territoriales, le budget doit suivre !

Manifestation nationale

Rendez-vous samedi 5 novembre à 14h30

place de la Bastille à Paris

Signataires :

Collectif national pour les Droits des Femmes, Actit, Alternative Libertaire, Apel-Egalité, Association Groupe Cadre de Vie, Association pour les Droits des Femmes du 20è, Attac, CADAC, , Centre LGBT Paris Ile de France, Les Chiennes de garde, Collectif féministe Handicap, Sexualité, Dignité, Collectif féministe contre le Viol, Collectif Féministe « Ruptures » et Réseau Féministe « Ruptures », Collectif féminin masculin de Vitry, Collectif mixité CGT des Bouches du Rhône, Collectif région parisienne pour les Droits des Femmes, Comité de vigilance et de suivi pour l'application de la loi du 9 juillet 2010, Coordination lesbienne de France,FASTI, Elu-e-s contre les Violences faites aux Femmes, Europe Ecologie Les Verts, « Femmes libres » Radio Libertaire, Fédération nationale Solidarité femmes, Femmes solidaires, FIT, une femme, un toit, FSU, Gauche unitaire, Initiative Féministe Européenne France, Lesbiennes of Color, Ligue des Droits de l'Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, Maison des Femmes de Montreuil, Marche mondiale des Femmes, MJCF, NPA, Osez le féminisme, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Planning Familial, RAJFIRE, SOS sexisme, Stop Précarité, UNEF, Union syndicale Solidaires.

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01 novembre 2011

4ème Forum Social des Quartiers Populaires

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16 septembre 2011

À la tienne, Fabienne !

les-femmes-trinquentCelles et ceux qui sont passés du côté de la rue Sorbier (Paris XXème) hier soir auront pu constater que Le Lieu-Dit était bondé. Tellement bondé qu'il était à peu près impossible de prendre des photos ou des notes (en tout cas, je ne n'ai pas réussi). Du coup, vous avez droit à la photo d'une banderole accrochée par Caroline De Haas* herself, lors du rassemblement féministe du 22 mai dernier...

Je dois dire que j'attendais cette rencontre-débat autour du livre Un troussage de domestique (coordonné par Christine Delphy**, édité chez Syllepse et sorti en librairie il y a quinze jours) avec une certaine impatience (et pas uniquement parce que j'étais curieuse de voir enfin à quoi ressemble Mademoiselle S. !). Parce que ce bouquin m'a fait du bien, d'abord. Avant même de l'ouvrir et de commencer à le lire, je me suis réjouie de sa seule existence. La colère est communément vue comme un sentiment, un état négatif (dans le cas d'une féministe, une colère trop bruyante sera plus volontiers nommée hystérie). On fait semblant d'oublier qu'elle peut être aussi salvatrice, productive, motrice et rassembleuse. Un troussage de domestique en est une preuve.

L'objet de ce livre n'est pas l'agression de Nafissatou Diallo par DSK, mais son traitement médiatique et politique. Il est question de constater la permanence du sexisme en France, de dénoncer et d'analyser les propos sexistes, misogynes et parfois racistes tenus par nos politicien-nes, nos journaleux, nos soi-disant intellectuel-les. Il s'agit de dire haut et fort que le foutage de gueule ne fonctionne pas, que la novlangue et la com' (rappelez-vous, la Journée de la Jupe, ou encore la lutte contre les violences faites aux femmes déclarée Grande Cause Nationale de l'année 2010) ne nous empêchent ni de réfléchir, ni d'être en colère.

Et précisément, il me semblait qu'Un troussage de domestique pouvait servir de support à une prise de conscience, une réflexion et une mobilisation féministe. D'où ma hâte d'assister à la rencontre-débat d'hier soir...

Et là, blam ! Grosse déception. La colère est là, certes. Mais elle est plurielle, presque épidermique, impossible à canaliser. Personne dans la salle où l'on s'est entassé pour dire que putain, ce bouquin fait du bien. (Oui oui, je sais, j'avais qu'à prendre le micro... Mais petit-a, je suis limite mortifiée à l'idée de prendre la parole en public, et petit-b, j'étais bien trop occupée à me maintenir dans la position du dahu où la petite pente qui sépare le bar de la salle m'avait mise.) Les interventions se succèdent dans la salle, plus ou moins pertinentes, plus ou moins agressives. Chacune semble plus ou moins prêcher pour sa paroisse. On a même droit à celle qui critique le choix d'une rencontre-débat mixte... Mais il n'y a pas eu le début d'un débat, et la seule évocation des suites à donner à tout ça, c'est l'annonce de l'assemblée féministe qui se tiendra lundi 19 septembre, à 18h30, à la Bourse du Travail...

Ce serait pourtant pas mal (c'est un euphémisme) qu'on parvienne à s'emparer du sujet, qu'on le fasse nôtre et qu'on (re)commence à défendre réellement la cause des femmes. C'est trop rageant d'imaginer qu'on pourrait remettre (ou laisser remettre, ce qui revient au même) gentiment sous le tapis tout ce que cette "affaire DSK" a fait ressortir au grand jour. On n'a pas le droit de faire comme si l'on n'avait pas entendu Jean-François Kahn déclarer qu'il ne s'agissait après tout que d'un "troussage de domestique", tout simplement pas le droit de faire comme si rien ne s'était passé.

* Caroline De Haas, pour celles et ceux qui ne la connaîtraient pas encore, c'est cette gentille trentenaire bien propre sur elle qui nous invite poliment à oser (le féminisme, le clitoris, etc...). Elle ne fait pas peur, elle ne dérange pas grand monde, bref c'est une féministe très fréquentable.

** "Un troussage de domestique" est un ouvrage collectif. Ont collaboré à ce livre : Christine Delphy, Gisèle Halimi, Clémentine Autain, Sabine Lambert, Rokhaya Diallo, Sylvie Tissot, Sophie Courval, Joan W. Scott, Claire Levenson, Les TumulTueuses, Najate Zouggari, Christelle Hamel, Michelle Guerci, Mademoiselle, Natacha Henry, Titiou Lecoq, Mona Chollet, Béatrice Gamba, Emmanuelle Piet, Jenny Brown, Marie Papin, et Audrey Pulvar.

NB : une autre rencontre-débat autour du livre Un troussage de domestique aura lieu vendredi 23 septembre, à 19 heures, à la librairie Violette & Co (Paris XIème).

Posté par Flo Py à 12:35 - Bouquins - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 juillet 2011

Prudence est mère de sûreté (Tenez-vous le pour dit, Mesdames les Féministes Primaires !)

bfemmesAujourd'hui sur le site du Monde, on peut lire le Point de vue de Michel Fize, sociologue au CNRS, « spécialiste des questions de l'adolescence, de la jeunesse et de la famille », jadis mis à disposition au cabinet du Ministère de la Défense pour y mener une étude d'évaluation scientifique du dispositif « Défense 2ème Chance » . Michel Fize, donc – un monsieur sérieux et respectable, comme chacun-e l'aura compris - s'adresse aux féministes, toutes les féministes. Enfin, à toutes celles qui se sont, selon lui, imprudemment emparées de ce que l'on a convenu d'appeler « l'affaire DSK ».

C'est qu'avec le discrédit récemment jeté sur le témoignage de Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel new-yorkais, le monsieur se croit autorisé – pour notre bien et notre instruction, à nous, les féministes – à nous agiter son index sous le nez en nous réprimandant sur l'air de « je vous l'avais pourtant bien dit, mesdames ».

Alors, avant toutes choses, je tiens à préciser deux trucs. D'une part, je tiens beaucoup à ce qu'on m'appelle Mademoiselle, et d'autre part, je me garderai bien de parler au nom de toutes les féministes. Il m'a toujours semblé qu'on parlait « des féministes » comme on parle « des bonnes femmes ». Il y a « des » femmes et il y a « des » féminismes. Je ne vois à peu près rien de commun entre Christine Delphy et Caroline de Haas, à part naturellement l'absence de pénis. Des propos très différents, voire carrément opposés parfois, sont tenus sous couvert de « féminisme ». Et il faudrait, sous prétexte qu'on est une femme, se reconnaître et s'y retrouver ? Et ben non, ça ne marche pas comme ça.

Rien n'est tout blanc ou tout noir. On peut être féministe, fervent défenseur de la présomption d'innocence (au point d'être plutôt d'accord avec Michel Fize quand, le 20 mai dernier, il nous donnait à lire un Point de vue intitulé « Une inadmissible justice-spectacle », bien que le ton général était déjà du genre irritant), tellement de gauche qu'on exècre DSK (oui, j'avoue m'être plutôt réjouie qu'il soit mis hors circuit, parce que DSK candidat de la gauche en 2012, vraiment ça me foutait grave les boules rien que d'y penser), et révoltée par la façon dont les médias français ont traité « l'affaire DSK ».

Parce qu'en fait, c'est ça le vrai problème. Je n'étais pas dans la chambre du Sofitel, je ne sais pas ce qui s'y est passé. Encahier-pratique-de-morale revanche, j'ai lu des articles absolument immondes dans les quotidiens français. Des articles qui nous expliquaient que la séduction à la française, c'était quelque chose, hein ma poule. Qu'on ne pouvait pas blâmer un homme qui aime les femmes, que d'ailleurs, DSK savait se tenir puisque des femmes journalistes avaient pu l'interviewer sans se faire sauter dessus. Alors si c'est pas une preuve de sa bonne éducation, ça, qu'est-ce que c'est, je vous le demande. Et puis d'ailleurs, y a pas mort d'homme. Ce n'est qu'une histoire de troussage de domestique, etc. (Burp)

Au-delà de DSK lui-même, dont à ce jour personne à part lui ne sait réellement ce qu'il a fait ou pas fait, c'est ce que Christine Delphy* appelle « la double exception française » qu'on s'est pris en pleine figure, nous-les-féministes, nous-les-bonnes-femmes, nous-tous-qui-luttons-pour-l'égalité-entre-les-hommes-et-les-femmes. « [La] double exception française : un refus du féminisme beaucoup plus accentué qu'ailleurs, qui se traduit par un « retard » par rapport aux autres pays occidentaux ; et surtout, une justification de cette résistance précisément en termes d'exception, exception revendiquée, exception vantée (alors que ce qu'on appelle à l'étranger l'exceptionnalisme français n'est pas un compliment), et finalement d'identité nationale. La France n'a pas besoin de changer quoi que ce soit : soit parce qu'elle est déjà au point en matière d'égalité des sexes, au contraire des autres pays, soit parce que cette égalité heurtait ou plutôt aurait heurté une culture de séduction – qu'hélas ne connaissaient pas les autres pays ; soit parce que le féminisme venait de ces autres pays (comme le mauvais temps) et ne pouvait par définition pas concerner le nôtre : tous les arguments et leur contraire étaient utilisés pour résister des quatre fers. »

Du jour au lendemain, il a fallu voir les choses en face : la société française n'a pas évolué d'un iota sur la question des femmes. Bien sûr, il y a la com', censée nous faire gober que tout a changé et que rien n'est plus comme avant. Et hop ! on déclare la lutte contre les violences faites aux femmes grande cause nationale. On clame que le viol, c'est mal, qu'on est contre, et pour le prouver, on pétitionne.

(S'il y en a parmi vous qui sont "pour" le viol, qu'ils ou elles se fassent connaître.)

Mais dans le fond, rien ne bouge (et même si j'osais, j'avancerais qu'on recule, mais bon, ça fait un peu raffarinade et puis, ce sera peut-être l'objet d'un autre billet, un autre jour, parce que là vraiment, ça va faire trop long, pour vous comme pour moi). Rien ne bouge, et les leçons de morale de Monsieur Fize sont franchement déplacées. C'est tout ce que « l'affaire DSK » a révélé au grand jour qu'il faut étudier, analyser, commenter. Présumer de l'innocence d'une personne mise en examen ne signifie pas la défendre coûte que coûte jusqu'à ce que sa culpabilité soit établie ; ça, c'est le boulot de l'avocat. Malheureusement, il ne s'est pas trouvé grand monde pour recommander « lucidité et prudence » à nos intellectuels et journalistes... Et il me semble que c'est précisément cela qui a fait réagir plus ou violemment « les féministes », toutes tendances confondues : ce déferlement de propos sexistes, censés défendre le pauvre directeur du FMI, innocent jusqu'à preuve du contraire.

* Christine Delphy, Un universalisme si particulier, sous-titré Féminisme et exception française (1980-2010), Éditions Syllepse, 2010

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06 juin 2011

Marche de Nuit

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02 juin 2011

Non, la Terre n'est pas ronde

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Non, la Terre n'est pas ronde
Si la Terre était ronde
Cela se verrait

Cela se saurait
Si la Terre était ronde
Il n'y aurait pas, d'un côté,
Quelques-uns tout en haut,
Et les autres, la plupart des autres,
En bas
Souvent même tout en bas...
Si la Terre était ronde
Aucun pays
Ne pourrait se dire
Le centre de la Terre
Car tous seraient au centre.
Et tous les hommes,
Tout autour de la Terre,
Seraient logés à la même enseigne.
mais ce n'est pas le cas
Et la Terre va de travers
Parce que la Terre n'est pas ronde.
En tout cas,
Pas encore.

Francis Combes
(La Fabrique du bonheur, Écrits des Forges, 2001)

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23 mai 2011

Feminist Week : Et Si Votre Corps Vous Appartenait ?

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[CLIQUER SUR L'IMAGE POUR ACCÉDER AU BLOG ÉTUDIONS GAYMENT]

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21 mai 2011

Marche des Salopes, le 22 mai à 14 heures (Bastille)

arton29597_f3639Parce qu’on en a assez que le patriarcat blanc hétéro-sexiste et sa morale bien intentionnée vienne mettre son nez dans nos placards,

Parce qu’on refuse une quelconque justification aux agressions physiques et morales,

Parce qu’une jupe ne veut pas dire oui, que l’on devrait avoir le droit de s’habiller comme nous le souhaitons sans être stigmatiséEs ni subir le comportement sexuellement agressif de certains (interpellations, sifflets, etc.)

Parce que PERSONNE NE MERITE D’ETRE VIOLÉE,

Parce qu’il y en a assez de ces flics, de la morale ou de l’Etat qui nous disent de ne pas nous habiller comme des catins si on ne veut pas d’ennui. Ils se placent ainsi dans une logique de sanction de toute initiative de réappropriation de notre corps, qui passe également par le choix de nos vêtements.

Car nous n’avons rien à perdre et encore tout à gagner, nous décidons d’occuper la rue en ce jour, de descendre de nos trottoirs pour battre le pavé au son de nos milliers de talons.

Cette marche c’est notre marche, et nous la baptisons « Marche des Salopes ». A l’exemple de la « Slut Pride » qui s’est tenue à Toronto en réaction aux déclarations d’un policier : pour assurer leur propre sécurité, les femmes devraient éviter de « s’habiller comme des salopes » (et non pas d’apprendre l’autodéfense). Cette déclaration n’est que le sommet de l’iceberg.

L’espace public semble appartenir de plus en plus à un communautarisme qui s’ignore : celui des hommes blancs hétérosexuels. De l’injonction à ne pas porter le hijab ou le niqab (2004, 2011) à celui de ne pas porter une jupe trop courte, de l’invention du « racolage passif » (sic, 2003) aux contrôles d’identité au faciès, de la mise en danger de l’IVG à la psychiatrisation des personnes trans, des passages à tabac de pédés aux viols correctifs de lesbiennes, il s’agit bien de rendre une chose certaine : la rue n’est pas à nous, nos corps ne sont pas à nous. Et d’une autre chose : ces violences sont bien de notre fait.

En stigmatisant ainsi les supposées Salopes, l’hétéro-patriarcat bien-pensant ne fait que donner une justification aux viols et aux agressions, se plaçant ainsi du côté des agresseurs. Ce genre de propos sexiste et essentialisant, n’est pas seulement insultant pour les femmes, il l’est aussi pour les hommes : ainsi sont-ils tous considérés comme des violeurs en puissance, incapables de réfréner leurs instincts face une prétendue stimulation lubrique de type minijupe, minishort, porte-jarretelles, décolleté, etc.

Enjoignant les femmes, afin de les « protéger », à se conformer à un pseudo modèle vertueux d’un autre âge : « La-Femme », hétérosexuelle, blanche, avec une jupe ni trop longue ni trop courte, libérée mais pas trop, qui peut « concilier vie de travail et vie de famille » (c’est-à-dire continuer à effectuer sans sourciller 80% des tâches ménagères), les autorités ne font que ravaler la femme au rang d’objet sexuel, puisque selon leur logique, une femme habillée « comme une salope » ne le fait que pour attirer l’attention des hommes, et n’a donc pas à se plaindre si ceux-ci répondent à ses « sollicitations passives ».

NON, C’EST NON ! Un viol n’est jamais ni consenti, ni provoqué, ni jamais de la faute de la victime !

Dans un contexte de retour à l’ordre moral, de stigmatisation et de persécution des travailleurSEs du sexe, de tentative de récupération raciste et bourgeoise du féminisme au nom de la protection paternaliste de « La-Femme », nous refusons d’être des victimes, de nous faire voler la parole et de nous laisser faire plus longtemps.

Il ne s’agit pas d’imposer par cette marche « la salope » comme modèle unique et universel de libération des femmes, mais de revendiquer une manière possible de vivre son corps et de se l’approprier sans devoir subir la pression patriarcale, que ce soit par le viol ou les lois répressives. Nous revendiquons nos atours de filles de joie, notre propension à montrer nos genoux, nos bas résilles et nos oripeaux polissons, sans avoir à subir de violences sexuelles, car la révolution se fait aussi en talons !

Que vous vous identifiez en tant que salope ou que vous soyez simplement un-e allié-e, peu importe votre sexualité ou votre âge. Venez marcher, rouler, défiler, vous pavaner et crier avec nous : Dimanche 22 mai 14h départ de Bastille

SOURCE : HNS Info

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18 mai 2011

Exorcisme

cauchemar3bis© Flo Py

L'image centrale du bidouillage, c'est Le Cauchemar, de Johann Heinrich Füssli (1782).
Sur la gauche, on reconnaîtra Saturne dévorant ses enfants, de Francisco de Goya (1820).
Quant aux affreux bonshommes tout autour, on préfèrera ne pas les nommer...

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15 mai 2011

Le P'tit Bal Sauvage de Bellevill'Montant

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14 mai 2011

Le Nuage

Même si tu ne possèdes pas grand chose,
même si tu n'as rien,
il n'appartient à personne
de te déposséder
de la petite symphonie rose
du nuage qui passe,
seul dans le ciel noir au-dessus de la cité.

Francis Combes
(La Fabrique du bonheur, Ecrits des Forges, 2001)

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13 mai 2011

Charité Bien Ordonnée...

chuckyParfois, je me résous à faire des trucs de mère de famille. Comme par exemple me porter volontaire pour accompagner une sortie scolaire. Si si. Bon, en fait, ça m'est arrivé deux fois (faut pas déconner non plus, c'est pas parce qu'on a vêlé qu'on a forcément le goût du sacrifice et de l'abnégation) : une visite au Louvre (c'était l'ho-rreur ! J'ai absolument rien vu, j'ai passé mon temps à compter et recompter les gamins de "mon" groupe, obnubilée par l'idée d'en paumer un), et une visite à Thoiry (c'était l'ho-rreur ! On a passé des heures enfermés dans le car, sans pouvoir fumer, à rêver de jeter par inadvertance les gamins les plus bruyants - dont le mien faisait partie, d'ailleurs - dans la mare aux hippopotames !).

Outre un malocrâne tenace et une sorte d'admiration pour les enseignants de tous poils, même les plus mauvais (ce qui ne m'empêche pas cependant de maudire à tout jamais Monsieur S., grâce auquel j'ai passé à peu près toute mon année de CM1 "au coin", à lire et relire la Déclaration universelle des Droits de l'Homme), j'ai rapporté de ces sorties la joyeuse conviction que spontanément, un enfant partage. Il suffit d'observer un troupeau d'élèves (en l'occurrence, c'était des classes de CE2, donc des enfants entre 8 et 9 ans) au moment du pique-nique pour constater que les sandouiches et les poignées de chips passent de main en main, sans marchandage ni contrepartie.

couv2287_49f05ac7c2dbdDe là à penser que le yak-magueule et le cénoukonpaye relèvent de l'acquis, il n'y a qu'un pas que je franchirai allègrement. Car franchement, où irait-on si les enfants devenus grands continuaient à partager leur déjeuner ?

Pourtant, c'est justement ça que je me plais à imaginer. Des anciens enfants devenus grands ("adultes", c'est limite péjoratif, non ? On entend "responsabilités", "obligations", "crédit sur vingt  ou trente ans", tout ça...), qui se soucieraient plus de partager équitablement les ressources que d'amasser en se répétant que ce sera toujours ça que "les Autres" n'auront pas.

Alors forcément, ça me fait un peu bugger de lire ce matin que, selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro, 67% des Français - qu'ils soient de droite ou de gauche - sont favorables à l'idée d'imposer des contreparties aux bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active. Mieux, ils sont 70% à trouver que oui oui, c'est une bonne idée que ces salauds de pauvres consacrent, en contrepartie de leur allocation, 5 heures de service social par semaine au sein d'une collectivité ou d'une association. (Libération a le bon goût d'ajouter entre parenthèse que les contreparties existent déjà actuellement. À moins qu'en copiant-collant la dépêche AFP, on ait tout bêtement oublié de supprimer cette parenthèse...)

En fait, est-ce qu'on ne serait pas en train d'inventer un nouveau concept de solidarité, où l'on exigerait des "bénéficiaires du RSA" qu'ils se montrent solidaires de tous ces pauvres salariés qui en bavent pour garder leur emploi et rembourser leur(s) crédit(s) ? Est-ce qu'on peut encore décemment parler de solidarité quand on oblige les plus pauvres d'entre nous à s'aplatir toujours davantage et dire humblement merci pour les allocations qu'on veut bien leur verser sous conditions ? Est-ce qu'on est encore de gauche quand on s'abaisse à utiliser le terme de "bénéficiaire" pour parler de quelqu'un qui survit sous le seuil de pauvreté ?

Posté par Flo Py à 13:30 - Tous ensemble, tous ensemble... - Commentaires [0] - Permalien [#]